Edito du journal d'école Maison rose No 29 du mois de décembre 2001

 

Changer, réfléchir.

Depuis bientôt trente ans, l’école active navigue entre ces deux verbes.

Changer. Parce que ce qui est valable à une époque ne l’est plus forcément à une autre.
Parce qu’on peut se demander ce que Freinet aurait pensé de l’arrivée de l’informatique à l’école.
Parce que la philosophie au temps des Grecs anciens n’était pas vraiment ouverte aux enfants.
Parce que l’école primaire publique vit les derniers (?) soubresauts
de ses tumultueuses relations avec la note.

Réfléchir.
Parce que dans le monde de l’éducation, comme à peu près partout, rien n’est jamais acquis.
Parce qu’imaginer les choses sous différents angles, c’est prendre le risque de découvrir de nouvelles richesses.
Prendre le risque de se tromper aussi.

Changer.
Il y a eu pas mal de changements à l’école active ces temps.
Changements de personnes, changements de fonctionnements.
Nous sommes certainement entre deux périodes, dans cet espace magnifiquement incertain où la volonté de réinventer existe plus qu’à d’autres moments.

Réfléchir.
En équipe. Avec les parents.
Associer les uns et les autres à nos espoirs et à nos doutes.
Se questionner et oser se dire que nous ne sommes pas sûrs de tout.
Oser sortir des sentiers créés par nos valeureux ancêtres parce qu’il émerge des idées nouvelles, parce que ce ne sont plus les mêmes personnes autour de la table.

Changer.
C’est le cas pour la thèmatique des langues aujourd’hui.
Quelle place pour quelle langue ? Quel sens donné à l’anglais à l’école active ? Comment travailler ces langues avec les enfants ?

Réfléchir.
A nouveau autour de la table. Ensemble.
Prendre le temps d’écouter les différents avis. Parfois même revenir sur nos choix.
Se poser les bonnes questions sur le sens de l’école aujourd’hui (voir l’article de Philippe Perrenoud)
Etre d’accord sur le fait qu’on ne peut pas plaire à tout le monde.

Changer.
Car l’école active est un lieu d’innovation, de transformation, de résistance, de création, d’alternative.
Alternative à l’école traditionnelle. Alternative à la pensée unique. Face à un certain immobilisme.
Oser tout remettre en question tout le temps... de temps en temps.

Réfléchir.
A l’école active de demain.
C’est à cette redéfinition permanente que nous travaillons aujourd’hui.
Pour ce que nous pensons être le plus utile aux enfants.
Pour recréer un projet d’école clairement engagé.
Pour savoir quoi faire de the posto der Sprachen.
En français dans le texte.

 

Pour la rédaction :
Stéphane Michaud